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USA Rare Earth progresse sur plusieurs fronts dans le cadre de sa stratégie d'intégration verticale, mais les difficultés s'intensifient tant sur le marché intérieur qu'à l'étranger

Avec cette annonce qui intervient peu après son offre de 2,8 milliards de dollars sur Serra Verde au Brésil, les nouveaux capitaux engagés dans les infrastructures de transport et de stockage en France, ainsi que le financement de ses projets miniers et de ses ambitions dans le domaine des aimants aux États-Unis, il est difficile de ne pas prendre au sérieux les projets d’USA Rare Earth visant à créer un géant des terres rares intégré verticalement et présent dans plusieurs pays. 

États-Unis : terres rares

USA Rare Earth (USAR) a annoncé le 3 juin avoir conclu des accords définitifs avec le département américain du Commerce afin de débloquer près de 1,6 milliard de dollars de financement au titre de la loi CHIPS, dont 277 millions de dollars de fonds fédéraux et jusqu’à 1,3 milliard de dollars de prêts garantis de premier rang liés aux étapes clés du projet. Combiné à une levée de fonds privés de 1,5 milliard de dollars annoncée précédemment et à des financements antérieurs, cela porte le capital disponible de la société à environ 3,5 milliards de dollars.

La veille, USAR a annoncé qu'elle investissait 1,2 milliard de dollars dans une usine de métallisation et de fabrication d'aimants frittés à Blacksburg, en Caroline du Sud, qui constituera son troisième site américain aux côtés des installations existantes de Stillwater, dans l'Oklahoma, et de Wheat Ridge, dans le Colorado.

L'usine de Blacksburg est conçue pour produire 6 400 tonnes par an d'aimants NdFeB frittés et 5 000 tonnes par an de métaux et d'alliages, ce qui, combiné aux extensions prévues à Stillwater, porterait la capacité totale de l'entreprise aux États-Unis à 10 000 tonnes par an pour les aimants et les alliages (voir labase de données AdamasMagnet Factory). Les travaux d'ingénierie et l'acquisition des équipements sont déjà en cours, les travaux sur le site devant débuter dans les prochains mois et la mise en service étant prévue pour 2028.

Début juin, USAR a également annoncé son intention d'investir plus de 175 millions d'euros (204 millions de dollars) en France d'ici 2030 afin de développer la production de métaux, d'alliages et d'aimants potentiels dans la région de Lacq, dans le sud-ouest de la France, une zone qui s'impose rapidement comme une plaque tournante européenne pour les terres rares.

Le développement en France s'articule autour de la colocalisation de la production de métaux et d'alliages de sa filiale Less Common Metals, d'une capacité de 3 750 tonnes par an, avec l'usine de séparation Caremag de Carester, d'une capacité de 1 600 tonnes par an, dont la mise en service est prévue fin 2026. En avril, USAR s'est engagé à investir environ 40 millions d'euros pour acquérir une participation dans Carester aux côtés d'InfraVia Capital Partners.

La création d'une plateforme européenne intégrée dans le secteur intermédiaire bénéficie également du soutien du programme français C3IV, qui couvre jusqu'à 45 % des équipements éligibles et jusqu'à environ 130 millions d'euros pour l'immobilier et les infrastructures. Outre l'extension des installations de Lacq, ces capitaux supplémentaires serviront également à développer une éventuelle usine de production d'aimants NdFeB en France, pour laquelle USAR a indiqué qu'elle évaluait plusieurs sites français.

Au cours d'un mois encore chargé pour USAR, la société a annoncé fin mai que son usine d'aimants de l'Oklahoma avait entamé les livraisons de la phase 1a et que son projet Round Top HREE, encore à ses débuts et présenté comme une ressource d'un milliard de tonnes dont la construction nécessiterait 1,4 milliard de dollars, avait obtenu une subvention de 14,2 millions de dollars du Texas Semiconductor Innovation Fund.

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Estimations de prix d'Adamas

L'avis d'Adamas :

Peu de temps après son offre de 2,8 milliards de dollars sur Serra Verde au Brésil, qui exploite la seule mine d'argile ionique en production du continent, les nouveaux capitaux engagés dans le développement de capacités de transformation en France et le financement de ses projets miniers et magnétiques aux États-Unis rendent difficiles à ignorer les projets d'USA Rare Earth visant à bâtir un géant des terres rares intégré verticalement et présent dans plusieurs juridictions. 

Parallèlement, la stratégie de l’USAR visant à passer de l’exploitation minière à la fabrication d’aimants et à se diversifier à l’échelle mondiale se heurte à des obstacles réglementaires et juridiques.

USAR fait l'objet d'une plainte déposée fin mai au Texas par MP Materials, qui accuse la société d'avoir détourné, par l'intermédiaire d'un ancien ingénieur de MP, des formules relatives à la diffusion aux joints de grains des aimants NdFeB et d'avoir transmis des secrets d'affaires à la société tierce FOM Technologies. La plainte remet également en cause les antécédents d'USAR en matière de respect des étapes clés des projets et s'interroge sur la fiabilité des estimations de ressources concernant le site de Round Top. USAR a publiquement rejeté ces allégations et s'est engagée à se défendre.

En mai, l'autorité brésilienne de la concurrence, le Cade, a également ouvert une enquête officielle sur l'opération Serra Verde. L'examen du Cade portera non seulement sur le changement de contrôle au sein de Serra Verde, mais aussi sur l'accord d'achat à long terme soutenu par des fonds liés au gouvernement américain. Cette opération fait également l'objet d'un recours devant la Cour suprême du Brésil, introduit par un groupe de parlementaires qui invoquent des préoccupations en matière de sécurité nationale et les garanties constitutionnelles relatives aux ressources minérales stratégiques.

L'enquête menée par Cade sur la structure des contrats d'achat de Nd, Pr, Dy et Tb conclus il y a 15 ans, ainsi que les éventuelles complications liées à la mise en production du gisement de Round Top, pourraient s'avérer constituer des risques non négligeables pour le calendrier et la flexibilité de l'approvisionnement en amont de Lacq et de ses installations aux États-Unis. Nous nous attendons à ce que les contreparties françaises suivent de près tant l'issue de la procédure brésilienne que toute injonction relative à la propriété intellectuelle avant de conclure des contrats pluriannuels portant sur des aimants.

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